Le couvoir électrotechnique, le projet de l’année

le couvoir électrotechnique

Nous abordons la dernière ligne droite avant l’examen final du brevet de technicien supérieur en électrotechnique. Le millésime 1985 ne déroge pas par rapport aux autres années. Le niveau demandé pour obtenir ce diplôme est un des plus élevé de tout l’enseignement supérieur. Les participants doivent faire preuve de nombreuses qualités, aussi bien au niveau connaissances générales que pour le savoir-faire et le savoir-être. Beaucoup d’étudiants du technique choisissent la facilité vers des filières du genre mécanique ou électronique voir informatique au lieu de se frotter à l’électrotechnique. On y trouve la crème de la crème, le top gun de l’enseignement technique. Bien entendu, je ne vous dit pas ça parce que j’en fais partie, il faut simplement reconnaître la vérité.

L’électrotechnique, une matière exigeanté

Les aspirants au diplôme redoutent en particulier l’une des épreuves de l’examen. Celle qui donne tout son sens à la formation, celle qui permet d’apprécier la valeur du postulant, le projet. Au début de la deuxième année du brevet de technicien supérieur en électrotechnique, les professeurs préparent une liste d’idées pour concevoir et mettre en œuvre un système original qui fait appel à toutes les connaissances acquises lors de la première année et que nous complèterons lors de cette année précédant le test final. Comme ils ont beaucoup d’imagination, on peut avoir des projet à développer du genre : « couplage automatique d’un alternateur triphasé sur le réseau » ou « variateur de vitesse pour moteur asynchrone« . En clair on a affaire à du high level !

Un projet innovant

Au moment du tirage au sort, il y a toujours un petit moment d’angoisse pour savoir sur quoi on va tomber. Ce n’est pas que l’on craigne les sujets difficiles, on assure tellement que rien ne nous effraie. Mais, vis à vis des examinateurs, on préfère taper sur quelque chose qui semble impossible au commun des mortels afin de briller encore plus. Nous nous rassemblons par binômes. Je mets la main dans le chapeau où les sujets nous attendent. Le professeur a plié le papier en 8 pour préserver le suspens le plus longtemps possible. Enfin j’arriver à déplier la feuille pour découvrir l’énoncé de notre projet : concevez un couvoir !

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Des étudiants sous-exploités

Je dois bien avouer que nous ne sautons pas au plafond à cet annonce, concevoir un bête couvoir, il n’y a rien de plus ridicule pour des cadors comme nous. Bien que le règlement soit strict, je tente de piocher autre chose, peine perdue, le prof met son véto et au contraire, il nous félicite pour ce tirage et tente de nous faire croire que le projet demande beaucoup de techniques et même de l’électrotechnique. Nous devenons la risée de nos condisciples. Il faut toujours voir le bon côté des choses, avec ce projet aussi basique, nous le terminerons en deux temps trois mouvements et ça nous libèrera du temps pour les autres matières.

Une aide inattendue

Avec un air de conspirateur, le professeur nous avoue qu’une autre équipe a déjà planché sur le sujet l’an dernier. Malheureusement pour eux, ils n’ont pas pu le mener au bout parce qu’ils ont passé trop de temps à concevoir la boite destinée à recevoir les œufs plutôt que de se concentrer sur l’électrotechnique. Il nous propose de réutiliser leur travail pour éviter que, nous aussi, perdions du temps sur cette partie. Nous pourrons simplement la customiser pour la différencier et ainsi nous passerons la majeure partie de notre temps sur la régulation. Alors, nous acceptons sa proposition qui va bien sûr nous aider, mais le but pour lui est d’économiser du budget sur cette carrosserie qui revient assez cher pour le consacrer à des dépenses plus électrotechniques.

Options électrotechniques

Nous décidons d’agrémenter notre couvoir d’options inattendues afin de montrer notre créativité. Bien entendu, nous intégrons un compte à rebours pour que l’usager puisse suivre l’évolution et la maturation de ses œufs. Mais, quelque chose de plus original, nous disposons un haut parleur qui diffuse des sons pré enregistrés. Par exemple, pour rassurer les poussins enfermés dans leur coquille, ils entendront des cot-cot rassurants d’une mère poule. Pour les rendre mélomanes et améliorer le développement de leurs facultés, nous diffusons de la musique classique, du Mozart surtout.  Les poussins pourront alors servir d’animaux de compagnie avec leur QI de 25 au lieu du 12 habituellement observé chez les poulets. Il y a un marché, on va faire fortune !

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Un timing serré

Le temps de l’examen lui-même approche. Pour épater encore plus les correcteurs, après des calculs savants, nous plaçons dans notre engin, des œufs qui vont éclore pile durant le contrôle lui-même soit vingt et un jour plus tard. Nous n’avons pas eu le temps de le tester une première fois, mais nous ne doutons à aucun moment de notre technicité. Les schémas électriques ne mentent pas, l’électrotechnique est une science exacte. Le correcteur analyse point par point le cheminement de notre pensée et pourquoi nous avons utilisé telle ou telle technique. Nous répondons du tac au tac.

Une invention en cache une autre

Nous croisons les doigts pour qu’un poussin  montre le bout de son bec. L’homme comprend notre fébrilité et il se saisit d’un œuf et affirme que si le poussin doit naître aujourd’hui, rien n’empêche de hâter la fin et de l’aider à briser sa coquille. D’un geste délicat, il tapote la partie plus arrondie sans résultat. Il insiste de plus en plus jusqu’à attraper un tournevis qui passe par là et frappe durement la carapace. Il finit par la briser mais à l’intérieur aucun piou-piou n’apparaît. Le réglage de la température ne devait pas être optimum si bien que l’œuf est bien cuit. Nous avons inventé une machine qui cuit des œufs durs en vingt et un jour et en musique ! Je suis pas sûr qu’il existe un marché pour une telle invention.

Vous comprenez maintenant que l’électrotechnique n’est pas à la portée de tout le monde. Il peut arriver des incidents même aux meilleurs. Si ce texte vous a amusé, je vous propose deux choses : M’écrire un commentaire pour m’encourager (même avec une fausse adresse e-mail) et le partager sur votre Facebook.

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1 Commentaire on "Le couvoir électrotechnique, le projet de l’année"

  1. Pas très rentable comme invention !

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