Jeannot lapin va à l’école

Jeannot lapin et la petite fille
Jeannot lapin

Un nouveau venu dans la classe

Toutes la classe entoure Carole, elle exhibe fièrement le lapin qu’elle vient d’amener le matin même. Les questions des enfants fusent : « il s’appelle comment ? Jeannot lapin.» « c’est un garçon ou une fille ? Un garçon.» « Il a quel âge ? 1 an.» «  est-ce que c’est toi qui lui donne à manger ? Oui, tous les jours.» Bref, des tas d’interrogations qui en réalité ont peu d’importance mais aux yeux des présents qui ont 9 et 10 ans, montrent leur intérêt pour la bête. Nous sommes en cours de CM1-CM2, cette école située dans une petite commune de la Manche, bénéficie de classes à double niveau. Il faut dire qu’avec à peine 80 élèves en tout de la maternelle au primaire, ce n’est pas l’usine à apprendre.

Une initiative pédagogique

Mais que fait un lapin au milieu de cette classe ? C’est une idée de la maîtresse, suite à une discussion avec la maman de Carole, elle apprend qu’ils élèvent beaucoup d’animaux différents dans leur ferme. Elle se dit que c’est une bonne occasion d’étudier ailleurs que dans un livre. Nous sommes dans une région rurale au cours des années 70 et les initiatives pour sortir du cadre sont faciles à mettre en œuvre. Un cours d’anatomie avec un vrai animal a plus de chances de nous marquer.

 Jeannot lapin participe aux cours

Ce sont donc vingt-six gamins qui se dirigent en rang vers la cantine qui servira de lieu d’étude pour l’occasion. Presque tous, nous tentons une petite caresse sur Jeannot Lapin, il est vraiment doux et en plus il se laisse faire. Nous l’adoptons, il est déjà en passe de devenir la mascotte de l’école. La maîtresse nous dispose sur deux rangs derrière une grande table sur laquelle elle étale une toile cirée. Le lapin trône dans le milieu. Nous nous saisissons de nos ardoises pour prendre des notes et le cours commence.

Étudions ce sujet vivant

Nous devons observer attentivement les caractéristiques de ce mammifère lagomorphe. Chacun doit lever le doigt pour s’exprimer et apporter sa remarque au reste de la classe. La sachante, puisqu’il faut maintenant la définir ainsi, complète nos propos et insiste sur des détails qui nous avaient échappés. Le lapin, au départ timide, prend de la hardiesse et parcours maintenant la table sous les exclamations des apprenants que nous sommes. L’occasion d’étudier sa démarche bondissante. Le sujet commence à s’épuiser alors que nous ne sommes qu’à la moitié du cours.

Plus loin dans l’étude

Nous allons maintenant passer à la phase de dissection ! La maîtresse s’empare d’un gourdin et attrape Jeannot lapin par les oreilles. D’un pas décidé, elle sort dans la cour sous le regard étonné des enfants. Nous sommes plusieurs à la suivre dont Carole en tant que conseillère technique. La bête à bout de bras, elle mime, tel un golfeur qui répète son coup, le placement du bâton à la base du crâne. Carole intervient pour rectifier sa position, apprendre quelque chose à la maîtresse doit être assez jouissif.

La maîtresse sait tout faire

Le premier coup est lancé mais pas assez fort, Jeannot lapin vient de réaliser qu’on ne lui veut pas que du bien, il s’agite. Carole encourage le bourreau qui, si elle ne veut pas que son prestige soit entamé, doit boucler l’affaire rapidement. Ce sont donc cinq coups consécutifs allant crescendo qui viennent à bout de l’innocent animal. Il ne bouge plus, elle l’a eu ! En réalité il avait peu de chance de s’en sortir, surtout après avoir endormi sa méfiance en le laissant gambader sur la table.

Tous n’apprécient pas la leçon

Le cadavre reprend sa place dans la cantine, il est de fait, beaucoup moins agité. Allons au bout des choses, la maîtresse s’empare d’un scalpel et transperce la dépouille pour mettre ses organes à nu. Nathalie et Fabienne ne se sentent pas bien et courent dehors pour aller vomir. Elles ont dû manger un truc pas frais ce midi. Un petit effet de contagion propulse trois autres enfants dans la même direction, qu’est-ce qui leur arrive ? Ils ratent le plus intéressant, nous avons sous les yeux, le foie, les poumons, les intestins et même le cœur. Nous sommes comme hypnotisés par toutes ces découvertes.

La méthode fonctionne

La maîtresse avait raison, plus de quarante ans après, je me souviens parfaitement de toute l’opération. Comme quoi, une bonne méthode pédagogique, permet d’obtenir des résultats durables. Une anecdote encore, Laurent, un de mes copains, a gagné le défi que je lui avait lancé. Profitant d’une distraction de l’autorité, il s’empare d’un ciseau et perfore la vessie encore pleine de notre sujet d’étude. L’innondation qui s’en suivi, fut assez décevante : la vessie du gentil Jeannot lapin produisit à peine une petite flaque.

Ami lecteur, cette histoire vraie de Jeannot lapin est de mes souvenir d’école. Tu es libre de me laisser un commentaire mais surtout de la partager afin de faire connaître une méthode pédagogique radicale.

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