Le vent souffle et le volet claque

le volet claque

Le vent souffle de plus en plus fort, tellement que lorsqu’il s’engouffre dans la fenêtre de la véranda, le bruit généré rappelle ces vieux films d’épouvante, ceux qui se déroulent par une nuit froide sous les rafales de neige et ce vent qui hurle avec un volet qui claque pour donner une ambiance de fin du monde. Heureusement, aujourd’hui en ce mois de juin, les températures affichent des valeurs au-delà des vingt degrés et le temps reste plutôt clément. Des conditions parfaites pour naviguer en hobie cat sur une mer un peu formée.

Une journée épuisante

Je vous passe les détails de la navigation, mais nous rentrons épuisés. Une bonne douche suivie d’un repas léger et la nuit de sommeil réparatrice s’annonce voluptueuse. Je me glisse avec plaisir dans des draps tout juste frais comme dans un bon bain. Un sentiment de bien-être m’envahit. Je ne prends même pas le temps de compléter ma fatigue par une séance de lecture, je sens que le train passe et il n’est pas question de le laisser filer. J’éteins et tombe aussitôt dans les bras de Morphée.

Un rêve inquiétant

Des créatures me cernent de tous les côtés sans que j’arrive à voir leurs visages. Je cherche à m’enfuir mais je n’arrive pas à avancer. Il y en a une particulièrement agressive qui frappe deux morceaux de bois ensemble pour m’impressionner et, je dois dire, qu’elle y arrive sans peine. Ce bruit régulier m’obsède et, au bout d’un moment, il ne cadre plus avec la scène que je vis, si bien que je me réveille. Le claquement est toujours là.

Le volet claque

Il fait encore nuit noire. Mais d’où vient ce bruit ? Je n’entends maintenant plus que lui. J’analyse les sons familiers de la maison pour tenter de faire un rapprochement avec celui-là. Ma conviction est faite, il s’agit d’un volet en bois mal fermé qui claque avec ce vent qui reste fort. Au vu de la direction ressentie des impacts qui me parviennent, je penche immédiatement pour le volet de la chambre d’à côté.

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la maison de vacances

Je vais vous faire une description sommaire des lieux. L’étage de la maison ne comporte que deux chambres, chacune possède une fenêtre qui donne sur un pignon. Des volets en bois battants assurent le clos, mais, je dois le reconnaître, leur pose date de l’origine de la maison soit une cinquantaine d’années. Plusieurs couches de peintures successives tentent de les protéger de l’usure du temps tels des cosmétiques qui ne font que masquer l’inéluctable.

Le temps fait tout à l’affaire

Quelques réparations « maison » prolongèrent encore leur fin annoncée. Un élément essentiel cependant me convainc qu’il ne leur reste qu’un dernier souffle de vie. Mon épouse vient de décréter que cela ne peut plus durer. Elle m’interdit dorénavant de tenter la moindre réparation et le menuisier vient d’être sollicité pour un devis urgent. Bref, les volets savent qu’ils vont bientôt disparaitre et ils en profitent pour se faire remarquer, pas très sympa de leur part.

Le volet qui ne voulait pas mourir

Le volet de cette chambre fait partie des plus atteints. Il n’y a plus le loquet qui permette de les lier, si bien qu’une ficelle rempli cet office. Avec ce vent, elle a du se détendre d’où ce ramdam insupportable qui m’empêche de me rendormir. Un premier mystère m’interpelle : comment font les occupants de cette chambre pour supporter ce ramdam ? Je sais qu’ils sont jeunes, un neveu et sa bonne amie, et qu’à leur âge, ils ont dû faire subir les derniers outrages à leur matelas. L’épuisement les empêche de s’apercevoir du vacarme qui règne à leur fenêtre.

Une réparation instantanée

Je me lève et me poste derrière leur porte. J’hésite à rentrer. Bien qu’il fasse nuit noire et que forcement ils doivent dormir à poings fermés, pénétrer ainsi sans prévenir dans une chambre occupée par un couple n’est pas dans mes habitudes. Le raffut des claquements a raison de mes derniers scrupules. J’entrebâille doucement la porte et je me dirige droit vers la fenêtre que j’ouvre d’un mouvement. J’attrape un oreiller qui traîne à côté pour le coincer entre le volet et la fenêtre. Je referme le tout et sort de la pièce comme si de rien n’était. Aux mouvements perçus pendant mon opération, je les ai réveillés. Tant pis, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.

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Problème non résolu

Je me recouche le sentiment du devoir accompli. Rapidement, le bruit exécré revient, je dois même dire qu’il ne s’est jamais arrêté. J’ai donc violé l’intimité de deux jouvenceaux pour rien. Après tout, je leur ai peut-être rendu service, ils vont pouvoir profiter du reste de la nuit pour expérimenter de nouvelles positions ! De mon côté rien n’est résolu, je décide donc de descendre au rez-de-chaussée pour utiliser les toilettes et devenir enfin discret. Les premières lueurs de l’aube arrivent. Il me semble entendre plus distinctement le tintamarre maintenant que je suis en bas.

Le volet fautif découvert

Je sors et je découvre le volet du séjour resté ouvert, qui cogne contre le mur. Son arrêt, avec le temps, a pris beaucoup de jeu et, malgré un débattement minimum, il arrive à heurter l’enduit extérieur. A chaque mouvement, il vibre et le bruit se répand. J’attrape un bout de bois qui traîne et résous le problème en moins de temps qu’il ne faut à une mouette pour voler un sandwich. Je retourne me coucher avec le sentiment du devoir accompli. Grâce à moi, tous vont pouvoir poursuivre leur nuit sans devoir supporter de chahut.

Qui n’a jamais eu une nuit de sommeil interrompue par un bruit agaçant ? Que ce soit un volet qui claque ou une porte mal fermée. Je t’encourage à m’écrire un commentaire pour m’encourager.

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