Joséphine une cro-magonne trop mignonne

Joséphine affronte le smilodon

Je m’appelle Joséphine et je vis parmi la tribu des Manchas. Je me demande encore quelle idée mes parents ont eu de me nommer ainsi, en effet, ce prénom n’est pas du tout à la mode en ce moment. On pourrait se dire qu’ils ont été influencés par la série télé : « Joséphine ange gardien », mais pas du tout, nous n’avons pas la télé, elle n’existe pas encore. Il faudra bien attendre encore 40000 ans avant que quelqu’un ne l’invente. En attendant les quolibets des autres jeunes de la tribu ne manquent pas. Depuis quelques temps, ils ont tendance à se calmer, surtout les garçons. Je viens d’avoir 15 ans et les hormones font leur œuvre, je dois être appétissante pour les mâles de tous poils.

Les progrès de la génétique

Manque de pot pour eux, pour une question de brassage génétique, je ne vais pas rester dans le clan. Mon père a déjà pris contact avec la tribu des Calvas, située vers l’est. Il m’a présenté à l’un des leurs. Un guerrier plus très jeune, il a au moins 30 ans, avec une couperose pas très ragoutante. Il doit pratiquer les rites Calvas sans modération. Je tente d’expliquer à mon père qu’il gâche la marchandise avec un mariage arrangé avec un ancêtre comme celui-là. Rien n’y fait, l’autre a dû lui promettre le même genre de deal, une jeunesse en deuxième épouse pour remplacer ma mère, vieux dégoutant !

Joséphine part

Je ne vais pas me laisser faire, tant pis pour lui, je vais filer vers l’ouest. J’ai entendu parler du clan des Armors, il paraît qu’ils passent leur temps à dresser des gros cailloux. Ils croient peut-être qu’ils vont se mettre à pousser ! À moins que ce soit pour faire joli. Pourtant, mon père ne les aime pas. Je sais qu’un vieux conflit existe depuis des lustres avec ces gens-là. Une histoire de rivière qui aurait été déviée pour que la colline sacrée, nommée Michel, tombe du côté Mancha plutôt qu’Armor, quelle bêtise ! Bien que je ne sois pas attendue, j’ai de solides arguments pour me faire accepter. Ils sont tellement importants que ma peau de bête a du mal à les contenir.

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Où suis-je ?

Je n’informe personne de mon projet et, un beau matin, juste avant le lever du soleil, je m’empare d’une lance et jette mon baluchon sur mon dos. Me voilà partie. Une petite difficulté, que je n’ai pas anticipée, arrive. Mon sens de l’orientation n’est pas ma plus grande qualité. Si bien qu’au bout de trois jours de marche seule dans la campagne, je ne me repère plus du tout. Suis-je dans la bonne direction ? je n’en sais rien. Je dois trouver un point haut pour me situer. Heureusement, un promontoire se présente devant moi. Avec un peu de bol, c’est la colline Michel. Mais non ! Dommage ! Je scrute tout autour et j’ai la confirmation de mes craintes, je suis perdue.

Un smilodon entreprenant

Pour couronner le tout, un smilodon, un félin à dents de sabre, me prend en chasse, il n’a pas l’air commode. Je décampe le plus vite possible, mais le bougre voit en moi son prochain repas et il a l’air d’avoir faim. Mon histoire risque de se terminer plus vite que prévu. Je ne vais quand même pas regretter le guerrier Calva ! Sur ce territoire complètement inconnu, mes chances de m’en sortir sont minces. Bientôt, je me retrouve acculée dans un cul-de-sac, alors je brandis ma lance pour tenter de l’impressionner. Il se doute que c’est un rôle de composition, je n’ai jamais eu l’occasion de tuer une seule bête. Joséphine, il ne te reste plus qu’à faire tes prières !

Joséphine et son sauveur

Un cri et le smilodon se retrouve carrément épinglé sur le sol. Un robuste guerrier apparaît de je ne sais où, et terrasse proprement le félin fortement denté. Il le transperce de part en part et le cloue au sol. Le bestiau meurt sur le coup, il n’a pas souffert. Tant mieux, la cruauté envers les animaux est répréhensible. L’homme se retourne avec un grand sourire. Je le trouve bizarre, je n’ai jamais vu personne qui lui ressemble. Un costaud bien trapu avec des cheveux et une barbichette blonde à la Patrick Swayze dans « Point break » se présente devant moi. C’est aussi la première fois de ma vie que je vois quelqu’un avec des cheveux de cette couleur. Qui est-il ?

Une communication difficile

Il vient de me sauver la vie, je lui exprime donc ma gratitude, mais il ne comprend pas un mot de mon discours. Lentement, il s’approche et semble aussi étonné que moi. Il me fait signe de le suivre. Je ne vois pas où je pourrais aller, donc, je ne le lâche plus. Infatigable ! Voilà le mot qui me vient à l’esprit quand je le suis. Il s’est pourtant chargé du félin sur ses épaules, mais son rythme m’impressionne. Je trottine pour pouvoir rester à sa hauteur. Cependant, il n’est pas bavard. Bien que nous ne parlions pas le même langage, il pourrait faire quelques efforts pour communiquer. Rien à faire, on se croirait dans un film de Mr Bean, quelques onomatopées sortent parfois de sa bouche mais rien de plus. J’espérais qu’il me ferait un peu la cour, un sourire complice par ici ou une petite fleur par-là, mais rien !

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Une nouvelle famille

Après deux jours de marche commando, avec juste quelques arrêts pour grignoter un morceau du gros chat, nous arrivons dans une immense grotte où vivent les gens de sa tribu. Ils sont tous un peu étranges, très différents de tous les Cro-Magnon que j’ai pu rencontrer jusqu’à présent. Le principal est qu’ils m’accueillent à bras ouverts, même si je ne comprends rien à leur charabia. Georges, comme je baptise mon sauveur, explique, à grand renfort de gestes, notre aventure. Ils se marrent et j’ai même l’impression qu’ils se foutent un peu de moi. Je ris avec eux et l’ambiance monte d’un cran. On se met à danser autour du feu, j’en suis toute étourdie. Nous nous retrouvons, Georges et moi, au milieu d’une chenille qui redémarre. Au matin, je me réveille dans ses bras devenue femme et son épouse officielle.

Joséphine, grand-mère des Européens

Il me fallut un peu de temps pour m’habituer à leur façon de vivre. Il n’y avait pas de chichis, si bien qu’aucune des femmes n’avait le moindre bracelet ou collier, une misère. Je me fis un devoir de lancer la mode. Georges, le chef de ce clan, fut fier de mon ventre arrondi qui préservait l’avenir des nôtres avec du sang neuf. Je fus une des pionnières puisqu’aujourd’hui, les tests génétiques le prouvent, vous, européens et asiatiques avez des gènes de Néandertal. Vous êtes donc ma descendance. C’est mon sauveur et moi qui avons lancé et mis à l’honneur la formule « Aimons-nous les uns les autres ». Reprise quelques milliers d’années plus tard par un copieur pour son propre compte.

Que pensez-vous d’avoir Joséphine comme ancêtre ? Savez-vous que nous avons 2% de notre génome, dont le gène de la blondeur, qui vient de Néandertal ? Je t’encourage à me laisser un commentaire.

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