Dépannage et secret professionnel

le secret professionnel
Le secret professionnel

Au service du client

Je roule au volant de ma nouvelle Clio fraîchement siglée aux couleurs de l’entreprise. J’attaque cette nouvelle journée avec une forte odeur de neuf dans les narines. Il est toujours agréable de renouveler un véhicule quand on est technicien. Nous véhiculons l’image de l’entreprise et rouler dans une auto neuve et propre est plus porteur qu’une voiture à la Colombo. Je suis technicien de maintenance dans la bureautique. Je me déplace sur tout le sud du département de la Manche pour sauver, avec mon tournevis magique, les secrétaires en détresse. J’ai donc une fonction de chevalier servant assorti du secret professionnel. Justement, sans vraiment le trahir, je vais vous raconter cette journée.

Je suis à votre écoute

Mon premier dépannage de la journée vise une machine récente. Un bourrage papier monstre la coince complètement. Une jeune femme avenante que je vois pour la première fois me guide vers la machine et me décrit le soucis rencontré. Elle me fait des explications que j’écoute en opinant de façon professionnelle. Un bon technicien doit savoir opiner pour montrer au client qu’il l’écoute. En plus cela permet parfois d’avoir une explication sur l’incident. Curieusement, elle insiste sur des points qui me semblent insignifiants. Je la remercie et j’attaque la bête. Pendant ce temps elle reste plantée là à me regarder travailler.

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Massacre à la paire de ciseaux

Je lui assure que ce ne sera pas très long mais ce n’est pas la peine qu’elle reste ici, je la préviendrais quand tout sera prêt à fonctionner à nouveau. Elle me quitte à regret. Aurais-je un ticket ? J’en reste là dans ces réflexions et je dépouille complètement la machine. C’est un massacre ! Le tambour, qui est la pièce centrale la plus fragile de l’ensemble, est rayé dans tous les sens. Quelqu’un s’est acharné sur lui avec des ciseaux. Les pièces de fusion qui permettent de fixer l’encre sur le papier grâce à un système de rouleaux chauffants, est lacéré. Je vérifie avec le compteur, ces pièces ont atteint les 3/4 de leur vie. Je vais les prendre dans le cadre de la maintenance mais une explication est indispensable.

Encore un dépannage réussi !

Je retrouve la feuille fautive. Celle qui a provoqué l’arrêt du matériel. Pas étonnant qu’elle soit restée coincée, elle est presque toute noire, comme si le cache était resté ouvert le temps de la copie avec un objet posé sur la vitre d’exposition. L’image n’a pas encore passé le four, l‘encre n’est donc pas fixée. J’observe attentivement l’image reproduite. elle reste bien visible et je distingue parfaitement ce qui a pu servir de modèle. L’indice principal est un logo avec écrit “Aubade“. A ce moment précis, la personne qui m’a guidé jusqu’à l’engin, bondi et m’arrache la feuille des mains et disparaît aussitôt. Elle revient quelques instants plus tard en s’excusant sur sa conduite.

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Le secret professionnel

Je ne fais aucun commentaire sur ce que j’ai vu. Par contre, je la sensibilise au respect du matériel et notamment à l’interdiction absolue d’utiliser des ciseaux ou tout autre instrument pointu ou tranchant pour enlever une feuille de papier. L’idéal est de m’appeler, je ne suis jamais très loin. Ma dernière recommandation concerne le danger à faire une photocopie avec le cache relevé et de poser des choses lourdes sur la vitre d’exposition. Cette dernière remarque lui fait piquer un fard. Elle me remercie pour mon intervention et assure qu’elle observera mes consignes et veillera à ce que personne ne les enfreignent. 

Ce récit est une histoire vraie qui montre que le secret professionnel est présent dans beaucoup de métiers. Si j’en parle aujourd’hui c’est qu’il y a prescription. Depuis, je m’intéresse particulièrement au calendrier Aubade qui est tout à fait charmant. Un commentaire ? vous pouvez me l’écrire.

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