Zeus avec sa batterie n’est pas très gentil avec nous

Zeus et sa batterie n'est pas très gentil
La batterie est l'instrument privilégié et plein d'avantages

L’ambiance s’installe

Le flot de personnes qui passe est important. Certaines s’arrêtent pour nous observer quelques instants, bougent un peu la tête et repartent. D’autres s’installent carrément et se trémoussent sur place. Des jeunes mais aussi des vieux qui ont au moins cinquante-deux ans ! Nous formons un groupe de musique plutôt rock. C’est aujourd’hui le vingt et un juin la fête de la musique et nous sommes installés sur un trottoir face à un restaurant. Cela fait quatre ans que nous revenons au même endroit, le restaurateur nous sustente avec des pizzas, sa spécialité, et quelques mousses.

The Mash Farrow

Le groupe se nomme « The Mash Farrows ». Notre quartet se compose de deux guitares, une basse et moi à la batterie. Nos moyens ne sont pas très élevés mais notre matériel s’enrichi régulièrement grâce à nos cachets. En effet nous donnons pendant tout l’été d’immenses concerts. Le dernier en date à fait le plein, nous étions ravis. Cela se passait dans un restaurant où il y avait au moins trente couverts. Sachant qu’ils ont fait deux services, donc soixante personnes nous ont acclamées avec un standing ovation au moment de se lever pour payer leur addition.

Un répertoire étendu

Nous performons déjà depuis deux heures avec un beau succès au vu des applaudissements nourris à chaque fin de morceau. C’est ainsi que des fans reviennent tous les ans pour nous soutenir. Nous nous devons de ne pas les décevoir. Nous inaugurons justement une nouvelle sono qui nous donne toute satisfaction comme dirait les Stones. Notre spécialité c’est plutôt « Muse » et notre répertoire sur ce groupe s’agrandi tellement que nous songeons à devenir « tribute », des spécialistes Muse. Pour le moment nous terminons un Queen et nous enchaînons sur Pink Floyd. Il faut s’adapter au public et pour le moment il a plus de Cinquante ans en moyenne.

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Un incident peut gâcher la fête

Soudain, le black-out complet, le courant vient de sauter. Tous deviennent subitement inaudibles sauf moi et mes cymbales, grosse caisse et autres toms qui continuons à s’exprimer sans l’amplification. Mon solo de batterie ne dure pas très longtemps, ce n’est pas prévu au programme. Des cris déchirants de fans frustrés retentissent, ils ont frôlé l’extase et les voilà brutalement retombés sur terre. En réalité c’est une petite fille de dix ans qui hurle ainsi, son frère a goûté sa glace sans son consentement. C’est presque pareil.

La batterie, un super instrument

Sans la fée électricité, les instruments de mes compagnons ne sont pas très bavards. J’ai toujours su que les percussions ont une supériorité de conception. Pas de mécanique complexe (surtout pour le triangle) et, en absence de courant, ma domination est nette. Bon il faut quand même que ça revienne, je vais finir par me faire repérer, moi qui ai tendance à me planquer derrière. Après examen des différentes sources de pannes possibles, tout accuse la nouvelle sono qui n’a supporté que deux heures nos efforts. Quelle déception, nous qui fondions de grands espoir pour elle.

Le public n’est pas toujours patient

Heureusement, le véhicule n’est pas loin et nous remettons en service l’ancienne. Le public itinérant en a profité pour fuir. Tant pis pour eux, ils n’auront pas d’autographes. C’est donc avec une envie de nous reconstituer un stock de spectateurs rapidement que nous nous relançons avec encore plus de tubes. Nos efforts sont récompensés, un groupe de quinze personnes arrive et stationne ostensiblement devant nous. Ils entament des mouvements désordonnés qui ressemblent à s’y méprendre à de la danse. C’est la fête, les morceaux s’enchaînent, tout le monde est joyeux.

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Quand un dieu grec s’acharne sur nous !

Qui a mis un mis un coup supplémentaire sur ma cymbale ride ? Encore un autre, c’est surprenant personne n’est à côté de moi. Je réalise soudain qu’il se met à pleuvoir. De grosses gouttes d’orage s’écrasent sur nous. C’est le branle-bas de combat. Nous déployons des parasols afin de protéger nos outils. C’est peu court. L’orage redouble et des éclairs, lancés par Jupiter lui-même, zèbrent le ciel Normand. Pendant ce temps tous nos spectateurs disparaissent. Les gens courent dans tous les sens pour tenter de se mettre à l’abri. Il faut remballer.

Une fin précipitée

La supposée supériorité que je vous annonçais tout à l’heure n’est plus de mise. Un ensemble de batterie est assez encombrant et pour remettre dans les voitures l’intégralité des pièces je suis un peu plus handicapé que mes collègues. L’averse refroidi l’ambiance. La soirée se termine en queue de poisson, nous n’avons même pas pu faire la promo de notre page facebook. Tant pis c’est la vie d’artiste, le succès parfois ne tient qu’aux caprices météorologiques. Mais j’en suis sûr, vous êtes tous convaincus que la batterie reste l’instrument « Number One. »

Ami lecteur, cette nouvelle histoire que j’ai écrite pour toi, je l’ai proposée à un professionnel de la batterie, Xavier Rogé, et m’a fait l’honneur de la publier sur son site. Si toi aussi tu l’as appréciée, tu es libre de la partager et de me faire des commentaires.

 

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