Il n’y a plus rien à vivre

Il ne reste plus rien à vivre

Je suis Delphine Hédouin

En réponse au défi de Marchand d’Histoires, j’ai proposé à Didier un sujet pour écrire un texte court :

« Il n’y a plus rien à vivre. »

Étant plongée dans le projet Bradbury : écrire 52 nouvelles en 52 semaines, vous pourrez rencontrer d’autres histoires de genres et de tons différents sur le blog dédié : D’Aventures en Ecriture

Place à l’histoire !

Remise à zéro

— Tu as les résultats des deux dernières épidémies qu’on a inoculées ?

Gabrielle regarda son partenaire tandis qu’il survolait l’historique de leur dernière étude.

— Environ trois terras de chiffres à analyser.
— Et l’influence du milieu sur le développement mâle-femmelles ? Je crois qu’on devrait développer davantage les groupes matriarcaux pour compléter nos recherches.
— Inutile, on a déjà les données qu’il nous faut.

La jeune femme cocha une case sur son rapport. Elle et son frère travaillaient sur le plus gros centre de populations expérimentales connu. Tous les créateurs et les sélectionneurs d’espèces animales, minérales ou végétales s’adressaient à eux afin de bénéficier d’un environnement clos et entièrement modelable. La dernière population qu’ils avaient étudiée avait été des plus intéressantes, mais le temps des expériences était achevé.

Gabrielle poussa un soupir.

— Nous sommes en retard pour la réunion, dit-elle. Tu es certain qu’on ne peut pas obtenir plus de données ?
— Je sais que tu es attachée à ces bestiaux. Ils sont attachants, beaucoup plus que les lézards qu’on a eu la dernière fois. Mais on a fait le tour. Ils ont fait le tour.
— Toutes les bonnes choses ont une fin, reconnut sa partenaire en haussant les épaules. Je me ferai une raison, allons-y.

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Ils sortirent de leur bureau commun et rejoignirent la salle de réunion. En y faisant irruption, les partenaires leader incontestés d’une des sociétés les plus florissantes de leur époque rendirent muets les employés déjà présents.

— Mesdames et messieurs, bonjour à tous, annonça Gabrielle.

Les échanges de politesse ne durèrent pas. Chacun voulait rentrer au plus vite dans le vif du sujet de ce rassemblement inattendu. Bavards jusqu’alors, les employés réduits au silence levèrent les yeux de leurs dossiers et attendirent que leurs patrons donnent leur avis sur les résultats les plus récents.

— Au vu des derniers rapports, il nous apparaît clair que nous avons rempli tous les objectifs de notre charte.

La déclaration plana sur l’assemblée, aussi incroyable qu’improbable. La charte comprenait des millions de points, des conditions sans fin et des critères sans équivoque à travers toutes les commandes de clients que l’entreprise avait connues par le passé. Le projet Humanité avait été, depuis la création du Département d’Intégration Terrienne, le plus complexe de son histoire.

— C’est une nouvelle ère qui s’ouvre. Le D.I.T. a d’ores et déjà un nouveau client intéressé par les formes de vie sensibles à la magie. Alors on va devoir se débarrasser d’une bonne partie des espèces actuelles. J’ai ici les consignes pour la division remise à zéro. Rien de bien sorcier en somme, tâchez juste de ne pas trop abîmer la nature, notre client veut garder quelques forêts anciennes. Laissez également des traces de l’Humanité, on va s’en servir pour les nouvelles légendes.

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Le manager de la division chargée de la douzième apocalypse croisa les bras sur sa poitrine, un sourire sur les lèvres.

— Est-ce qu’on garde encore des preuves d’existence des reptiliens ? C’est un peu dépassé, non ?
— On supprime. L’Humanité avait eu beaucoup trop d’indices par rapport aux Mentaliens, aux gros poissons – j’ai pas leur nom en tête – et ils avaient même des soupçons quant à notre existence. Sachant que les Humains étaient supposés se focaliser sur leur existence matérielle et l’argent, ça a faussé pas mal de données. Enfin. Pour répondre à votre question, oui, faites le ménage.

Le chef d’équipe nota quelques mots sur sa feuille sans se départir de son sourire. Il avait passé tant de temps à regarder grandir cette civilisation… Ce serait pour lui et ses trois collègues un honneur que de la réduire en poussière. Ils allaient prévoir quelque chose de grandiose, de poétique, de jamais vu… Peut-être la coupure d’électricité qui les plongerait dans le noir et l’ignorance…

Mieux ! Il ferait du moustique un animal intelligent.

FIN

S’il nous reste des choses à vivre, humains, prouvez-le-leur dès à présent pour ne pas faire face à une extermination douloureuse !
J’espère que ce texte vous aura plu, et je vous donne rendez-vous sur l’article de mon blog pour lire le texte de Didier : Il n’y a plus rien à vivre

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3 Commentaires on "Il n’y a plus rien à vivre"

  1. Merci pour ce post et ce défi, Didier !
    Pour retrouver l’article contenant le texte de Didier, c’est par ici :
    https://daventuresenecritures.wordpress.com/2018/05/20/il-ny-a-plus-rien-a-vivre-defi-releve/
    Et n’hésitez pas à vous perdre au milieu de ses autres histoires !

  2. Pas moyen de recevoir votre livre gratuit (Non plus dans spam) Dommage!

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